Pourquoi les bracelets connectés sont-ils inefficaces?

Tribune d’Hugo Mercier, CEO de Dreem, publiée dans le Huffington Post. Image Vanity Fair

L’apparition des objets connectés et trackers dans notre vie

Si vous avez un peu d’intérêt pour votre santé, il est fort probable que vous fassiez partie des 20 % d’Américains ayant adopté un fitness tracker dans leur quotidien. Calcul du nombre de pas, gestion de l’activité journalité, sommeil … Un nombre incalculable d’appareils connectés tracent et analysent les données de notre corps. Le but ? Faire de nous de meilleurs êtres humains.

Mais ce tracking est-il vraiment bon ? Si les intentions sont nobles, la réalité scientifique montre en effet que les données fournies par ces trackers sont souvent insuffisantes et imprécises. Ils ne sont donc pas aussi efficaces qu’ils le promettent. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit du sommeil. 

Des données non pertinentes pour la mesure de la qualité du sommeil 

Les spécialistes du sommeil ont analysé les appareils de nuit portatifs, comme Fitbit et Jawbone, avec beaucoup de scepticisme. En effet, alors que ces appareils affirment gérer et améliorer notre sommeil, il n’y a pourtant aucune précision scientifique garantie. Les trackers actuels ne sont pas adaptés à la mesure du sommeil.

Voici pourquoi : Les capteurs sensoriels de ces appareils mesurent l’accélération, la durée, l’intensité, ainsi que la fréquence de votre rythme cardiaque et de vos mouvements. Confronter les frémissements et les rotations du corps pendant une nuit avec ce qui se passe dans nos corps ne nous donne pourtant pas beaucoup de profondeur.

objets connectés

Les trackers actuels du marché sont faits d’avancées technologiques et de capteurs sensoriels capables de gérer une grande partie des fonctions corporelles. Ils ne sont cependant pas adaptés à la mesure du sommeil.

Pourquoi ? Les trackers de sommeil utilisent la sérigraphie, qui mesure les mouvements à un très haut niveau. Traduire précisément ces mouvements en des tendances de sommeil est pourtant quelque chose de délicat. Cela est bien plus comparable à une devinette, soit quelque chose sur lequel vous ne voulez sûrement pas construire votre plan de santé.

Le matériel qui peut tracer le sommeil efficacement — principalement le lecteur Electroencéphalographe (EEG) — a longtemps été disponible dans des laboratoires de grande taille. À cause des problèmes dus au confort, à la facilité d’utilisation, et au coût, le tracking des mouvements est le moyen de base pour évaluer le sommeil, même si les résultats ne sont pas forcément convaincants.

Vous avez désormais les résultats .  Et maintenant ?

Analyser et comprendre ses données, plutôt que de simplement les récolter 

C’est une chose de tracer votre comportement. Mais pour vraiment améliorer votre santé, les objets connectés ne devraient-ils pas faire plus pour vous ? Dans ce contexte d’« amélioration de soi », le sommeil doit fournir bien plus qu’un simple tracking ou une analyse basée sur de mauvaises données.

La dure vérité à propos de ces appareils portatifs la suivante : les trackers connectés font très peu pour changer notre comportement passif. Les trackers nous disant que nous avons marché 3 kilomètres ou dormi 6 heures et 11 minutes inondent le marché actuel. Mais les appareils ne peuvent-ils pas faire plus pour influencer une action ou quelque chose qui aura un réel impact sur notre sommeil ?

L’électroencéphalographie comme seul moyen efficace pour évaluer son sommeil

Pour répondre à cette question, chacun doit comprendre que le seul moyen efficace pour évaluer la qualité du sommeil est la mesure de l’activité cérébrale, ou EEG (électroencéphalographie). Et cela ne correspond pas à une découverte récente. L’Académie Américaine de la Médecine du Sommeil a longtemps reconnu ces différents stades de sommeil. L’EEG permet de les mesurer.

Ils sont basés sur votre EEG. 

Les récentes avancées technologiques peuvent générer une mesure en temps réel de notre activité cérébrale. Nous devrions donc être capable de faire mieux que de tracker efficacement le sommeil et améliorer nos habitudes de sommeil. De plus, nous n’avons pas besoin d’un tracker fitness qui analyse le sommeil pour confirmer ce que les signaux corporels classiques — cernes, baillements, ou appuyer constamment sur le bouton snooze du réveil —  nous envoient déjà : nous sommes fatigués et clignons souvent des yeux.

Mais comment pouvons-nous mieux dormir ? Utilisons notre cerveau. 

Comment la mesure impacte-t-elle la qualité du sommeil ? Voici la plus grande question posée à propos des produits connectés actuellement sur le marché. En être conscient ne nous amènera pas bien loin. Y-a t-il donc quelque chose d’utile que ces appareils connectés peuvent réellement faire mieux pour nous ?

Stimuler des rythmes cérébraux grâce aux sons

La technologie a rapidement aidé à améliorer nos vies dans beaucoup de domaines. Cependant, nous dormons toujours de la même façon qu’il y a 10.000 ans. Des entreprises comme la mienne (Dreem) travaillent sur la façon de réellement améliorer la qualité du sommeil et de trouver des moyens pour amener la technologie à lire les vagues cérébrales efficacement et activement. Grâce à des sons précis et ciblés, nous implantons la science de nos laboratoires dans le bandeau Dreem. Celui-ci peut stimuler des rythmes cérébraux pour améliorer le sommeil profond (la phase la plus critique).

Vous vous rappelez de ces capteurs sensoriels EEG et de ces équipements de laboratoire que j’ai mentionné auparavant ? Ils sont méticuleusement conçus dans un bandeau confortable. Le but est d’encourager activement notre cerveau à avoir une meilleure qualité de sommeil. Ils sont actifs et travaillent en temps réel. Ils peuvent également localiser toutes vos vagues cérébrales, d’alpha, beta, theta, gamma jusqu’à delta.

Même si nous dormons, nos cerveaux sont loin d’être inactifs durant la nuit. C’est même là que l’on peut le mieux découvrir comment nos corps fonctionnent. Tirer profit des vagues cérébrales est le seul moyen de comprendre et améliorer notre sommeil. Les informations que les trackers nous donnent sont donc relativement futiles. Si vous voulez transformer ces données en des résultats concluants — vous feriez mieux de mettre ce tracker au repos. Pour de bon.

Par Hugo Mercier, PDG de Dreem

 

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