Sommeil paradoxal : un stade de sommeil capital pour une bonne nuit

Sommeil paradoxal : un stade de sommeil capital

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Le sommeil paradoxal est le quatrième et dernier stade d’un cycle du sommeil. Différents stades du sommeil lent (léger et profond) le précèdent donc.
Longtemps resté mystérieux, c’est un stade de sommeil qui possède encore aujourd’hui quelques secrets. Mais il est suffisamment compris pour qu’on prenne la peine de lui dédier un article.

Pourquoi s’appelle-t-il sommeil paradoxal ?

Pendant le sommeil paradoxal, l’activité cérébrale est très élevée et « paradoxalement » très similaire à l’éveil. C’est pourquoi il a été nommé « paradoxal » par Michel Jouvet, un chercheur lyonnais qui a participé à sa découverte dans les années 50. Malheureusement pour lui, ce sont les anglais qui ont eu le dernier mot au sein de la communauté internationale. La dénomination officielle du sommeil paradoxal est donc « REM Sleep », pour Rapid Eye Movement Sleep en anglais. Cela fait référence aux mouvements rapides et symétriques que font nos yeux durant cette phase de sommeil.

Plus communément, on l’appelle aussi parfois « sommeil des rêves », car une grande majorité de nos rêves se produisent pendant cette phase de sommeil.

Sur un électroencéphalogramme, le sommeil paradoxal se caractérise par des ondes cérébrales petites et rapides, qui se rapprochent de celles de l’éveil. En plus des mouvements oculaires, on observe aussi une accélération de la respiration et du rythme cardiaque pendant ce stade de sommeil.

Le bandeau Dreem est d’ailleurs équipé de petits capteurs EEG (électroencéphalogramme) afin de connaître l’activité cérébrale et donc mesurer avec la précision d’un laboratoire, le sommeil du dormeur. Le lendemain matin, vous avez par exemple accès à toutes les données de votre nuit sur votre smartphone, dont les moments et le temps que vous avez passé en stade de sommeil paradoxal.

sommeil dreem

 

Michel Jouvet et les chats à la découverte du sommeil paradoxal

Pourtant, nous dormons bien pendant ce stade de sommeil. A l’exception de quelques-uns d’entre eux comme les yeux, un processus paralyse nos muscles pendant le sommeil paradoxal. On parle alors d’atonie musculaire. C’est un phénomène protecteur qui a pour but d’éviter au rêveur de se blesser en s’agitant pendant son sommeil.

Dans le cadre d’études pratiquées sur des chats, dont le sommeil est proche du nôtre, Michel Jouvet avait identifié la zone du cerveau responsable de cette inhibition de nos muscles. En la supprimant (oui, c’est un peu barbare…), il a constaté que les chats « mimaient » des scènes de leur vie pendant le sommeil paradoxal. Ils chassaient, lapaient, et cetera.

Au passage, il existe d’ailleurs chez l’homme un trouble assez rare qui s’appelle Trouble Comportemental du Sommeil Paradoxal (TCSP ou Rem-sleep Behavior Disorder en anglais). C’est une maladie du sommeil paradoxal lié à un trouble neurologique. En simplifié, la structure responsable de notre atonie musculaire ne fait plus complètement son travail. Du coup, les personnes atteintes ont tendance à beaucoup s’agiter la nuit, alors qu’ils vivent en rêve des scènes de lutte avec des animaux.

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Une mystérieuse phase de sommeil

Les différentes réactions de notre corps pendant le sommeil paradoxal sont encre pour partie un mystère. Les rapides mouvements oculaires participent à la synchronisation des activités cérébrales, mais l’interprétation de leur amplitude est encore difficile.

Pendant le sommeil paradoxal, l’atonie musculaire peut aussi devenir angoissante lors du réveil. Il y a parfois un décalage de quelques secondes entre le réveil et le moment où on retrouve notre tonus musculaire normal. On parle alors de « paralysies du sommeil ». Elles peuvent survenir chez chacun d’entre nous mais sont particulièrement caractéristiques de la narcolepsie. Sans gravité, une paralysie du sommeil se vit pourtant généralement mal par le dormeur, soumis à un stress intense. Il est en effet conscient mais il ne peut absolument pas bouger.

Les personnes atteintes de dépression sévère ont souvent des troubles du sommeil paradoxal. Les études ont aussi démontré qu’une surcharge de stress dans la journée augmentait la proportion de sommeil paradoxal. De plus, les animaux privés de sommeil paradoxal étaient plus stressés et anxieux. Le sommeil paradoxal est plus présent dans le sommeil des enfants, surtout dans les toutes premières années où l’apprentissage est maximal.

  • En observant attentivement les yeux d’un dormeur, on peut d’ailleurs parfois constaté qu’il est en sommeil paradoxal.

Sommeil paradoxal et rêves

Pendant la nuit, nous faisons beaucoup plus de rêves que ce que l’on pourrait penser. Nous avons plusieurs centaines de rêves au cours d’une même nuit. Et ils jouent sans doute un rôle important dans notre équilibre psychologique. On a réalisé beaucoup d’études sur l’influence des rêves sur le fonctionnement psychique. Mais trop peu existent encore sur le sommeil paradoxal chez les bons dormeurs.

Ceci dit, il est normal de ne pas se rappeler de ses rêves. Un réveil d’une minute minimum est nécessaire pour que la mémoire se mette en route. Il faut également être éveillé au moins une minute pour qu’on puisse finalement se souvenir d’un rêve. Nous nous rendormons souvent trop vite et nous n’avons pas le temps de mémoriser ce qui vient de se passer. Les cauchemars et les rêves angoissants ou tristes engendrent eux souvent un temps d’éveil plus important. Cela s’explique par leur caractère « traumatisant ». C’est pour cela qu’il est plus facile de les mémoriser.

Plus de sommeil paradoxal en fin de nuit

Le sommeil paradoxal représente 20 à 25% d’une nuit de sommeil.
Au cours de la nuit, le contenu de nos cycles de sommeil se modifie. S’il y a plus de sommeil profond en début de nuit, le sommeil paradoxal est plus présent en fin de nuit. Vous avez donc plus de chances de vous rappeler de vos rêves proche du matin. Dailleurs, avoir un sommeil paradoxal de bonne qualité avant le réveil permettrait de mieux contrôler les idées négatives. Cela permettrait ainsi de se réveiller de meilleure humeur.

Pour finir, attention aux grasses matinées ! Faire une grasse matinée revient donc à avoir des cycles de sommeil très riches en sommeil paradoxal. Et c’est un sommeil fatiguant en raison de la forte activité cérébrale du cerveau pendant ce stade. Pour avoir un sommeil réparateur, préférez donc la sieste à une vraie grasse matinée qui finit pas loin de l’heure du déjeuner.

Pour avoir un sommeil encore plus réparateur, bénéficiez des stimulations sonores en phases de sommeil profond envoyées par le bandeau Dreem. Ces « bruits roses » vous permettront d’améliorer la qualité de votre sommeil profond. Découvrez comment cela se passe ici ! 

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