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Somnifères : dangers et effets secondaires

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Les somnifères vous permettent de trouver le sommeil. Certes, mais à quel prix ? Quels sont réellement les effets secondaires des somnifères et sont-ils réellement dangereux pour notre santé ? Pourtant prescrit par les médecins, les somnifères présentent des risques bien réels mais peu connus du grand public. En effet, peu de personnes connaissent réellement les risques engendrés par une prise de somnifères : sommeil dégradé, mauvaise habitude… Dans cet article, nous avons réunis des études qui établissent clairement un lien entre les somnifères et des risques de cancer, perte de la mémoire ou encore de somnolence.

Somnifères, qu’est-ce que c’est ?

Appelés également hypnotiques (terme médical), les somnifères sont des médicaments qu’on recommande pour favoriser l’endormissement. Ils s’obtiennent par ordonnance suivant l’approbation du médecin et se présentent sous la forme de gélules. Sous le terme « somnifère », on regroupe généralement plusieurs types de médicaments pour dormir : les hypnotiques qui induisent le sommeil et les anxiolytiques qui abaissent le niveau d’angoisse. Ces médicaments font appellent à des éléments chimiques, notamment les benzodiazépines, majoritairement responsables des risques décrits dans cet article.

somnifères

Les benzodiazépines

Les benzodiazépines agissent directement sur des terminaisons nerveuses ainsi que sur les fibres musculaires. Au niveau de la terminaison nerveuse, cet élément fonctionne avec un neurotransmetteur qu’on appelle le GABA. Grâce à cette action, le benzodiazépine induit le sommeil et diminue l’anxiété.

Concernant les fibres musculaires, l’élément agit pour détendre les muscles et favorise ainsi le relâchement. D’autre part, le benzodiazépine possède une durée de vie assez longue et entraîne ainsi des somnolences en journée. L’accoutumance est également un autre problème. En effet, au bout de 3 semaines d’utilisation, il y a une dépendance de l’organisme. Et par conséquent une nécessitée de sevrage.

Risques liés à la prise de somnifère

De nombreux risques sont liés à la prise de somnifères, si bien que la prescription de somnifèrse fait parfois débat au sein même du corps médical. Ces risques, majoritairement liés aux benzodiazépines, affectent différentes les parties de l’organisme : cerveau, muscles…

Les maladies liées au sommeil
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Augmentation du risque de mortalité

Une étude américaine publiée dans le journal médical BMJ[1] met en évidence le lien entre l’utilisation de somnifères et le risque de mortalité des patients.

  • En effet, les somnifères sont associés à un risque de décès plus de quatre fois (4,6) plus élevé que celui de personnes qui n’en prennent pas.

Comment expliquer cet excès de mortalité ? Selon les chercheurs, les somnifères peuvent augmenter la dépression pouvant entraîner un risque suicidaire. D’autre part, il y a aussi l’augmentation du risque de cancer, d’accidents de la route, de somnolence…

Risque de cancer accru

Cette même étude publiée dans le journal médical BMJ[1] met également en évidence le lien entre l’utilisation de somnifère et le risque de cancer.

  • Cette étude révèle notamment que les consommateurs de certains somnifères, notamment les benzodiazépines, présentent des risques de développer un cancer jusqu’à 35% plus élevé que la normale.

Pour arriver à une telle conclusion, l’étude a concernée plus de 10.000 adultes américains avec un âge médian de 54 ans utilisant des somnifères. Suivi pendant plus de deux ans, ce groupe a été comparé à un autre groupe de plus de 23.000 personnes. Ce groupe n’utilisait pas d’aide médicamenteuse pour dormir.

Perte de mémoire et risque d’Alzheimer

Une étude de l’INSERM [2] établit que la prescription de somnifère aggrave les symptômes de la maladie d’Alzheimer et accélère son évolution.

  • Cette étude confirme que l’utilisation de benzodiazépines pendant 3 mois ou plus est associée à un risque accru (jusqu’à 51%) de développer la maladie d’Alzheimer après 65 ans.

L’étude révèle aussi que le risque augmente avec la durée de l’exposition. Ainsi, plus vous prolongez la prise de somnifères, plus le risque sera grand.

somnifères

Un risque de somnolence en journée, attention sur la route !

D’après une étude du British Journal of Clinical Pharmacology[3] la prise de benzodiazépine augmenterait les accidents routiers.

  • En effet, la prise de benzodiazépines augmente de plus de 40% le risque d’avoir un accident routier responsable, causée par une somnolence accrue.

Ce chiffre n’est pas à prendre à la légère. En France, la somnolence reste la première cause de mortalité sur autoroute !

Un risque de dépendance et d’accoutumance

Avant de débuter votre prise de somnifère, il est important de savoir que cette prise entraîne dépendance. Elle augmente le risque d’insomnie à la suite du traitement.

En effet, comme le confirme le docteur Sylvie Royant-Parola dans son livre[4]: « Les hypnotiques se fixent sur les récepteurs des cellules nerveuses et peuvent ainsi provoquer une accoutumance. L’arrêt est donc difficile d’autant que beaucoup de patients essaient de cesser brutalement leur prise. Cela provoque un rebond des insomnies ».
L’arrêt de la prise de somnifère peut donc être à l’origine d’insomnie, ce qui provoque un cercle vicieux chez le patient.

Une qualité de sommeil dégradée

La prise de somnifère nuit à la qualité de votre sommeil. Elle impacte tout particulièrement votre sommeil lent profond. En effet, comme l’affirme le Médecin Françoise Goldenberg, « les benzodiazépines modifient l’architecture du sommeil qui devient beaucoup moins riche en ondes lentes, témoignant d’un sommeil lent profond qui tend à diminuer ».
Ainsi, une diminution de cette phase de sommeil impact notre organisme. En effet, notre organisme ne sera pas suffisamment reposé pour affronter la journée, ce qui pourra entraîner des chutes liées à la fatigue et à l’inattention.

D’autres solutions existent

Comme évoqué précédemment, la prise de somnifères entraîne de nombreux risques (cancer, Alzheimer, somnolence …). Ces risques peuvent parfois se révéler mortels. Cependant, la prise de somnifère peut toutefois se révéler efficace en limitant les risques sur votre organisme. Pour ce faire, un médecin doit obligatoire encadrer la prise de somnifère, qui le prescrit sur une courte durée. En parallèle, il faut généralement traiter les raisons de l’insomnie (stress, anxiété,..) au risque de voir ce syndrome perdurer après l’arrêt des somnifères.

Les somnifères naturels

En cas de problème d’endormissement, d’autres solutions pour vous aider à trouver le sommeil existent. En effet, connus généralement sous le nom d’homéopathie, les somnifères naturels peuvent vous aider à trouver le sommeil. A bases de plantes, d’huiles essentielles ou encore de mélatonine, les somnifères naturels sont des excellents substituts aux médicaments. Contrairement au somnifère, ces solutions ne dépendent pas de prescriptions médicales. 

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